25 août 2005
Je mène une vie passionnante
Le matin après m'être levé de mauvaise humeur, je me lave avec un dégout non dissimulé. Je mets sur moi des morceaux de tissu qui me permettent :
- De me protéger des intempéries et du froid
- De ne pas exhiber mes parties génitales à une populace pourtant avide
Après quoi, je descends dans la rue et rejoins le saint des saints, à savoir la station de Hèreuhère (prononcer RER).
Il y a plein de gens dans le RER. Il y a donc plein de gens qui vont au travail pour gagner de l'argent qui leur sert à des tas de trucs dont acheter la carte orange pour prendre le Aireuhère. Les gens sont d'une humeur morose dans le R-Euh !-R, mais sont tenaces. Ainsi ils s'acharnent à monter dans les wagons avant que ceux qui en descendent aient pu le faire. Le tout le front bas, et avec l'obstination du scarabée qui roule sa boule de glaise.

Le tout le front bas, et avec l'obstination du scarabée qui roule sa boule de glaise.
Il
faut leur reconnaitre qu'une fois dans la rame, ils sont bien sages,
les gens. Ils ne jouent pas de la trompette, ou alors, ils sont
roumains et c'est toujours « la vie en rose ». Ils ne jouent pas non
plus au bilboquet ou au volley-ball. Ils sont sages. Plus que sages.
Moroses. On sent bien que leur travail, c'est un truc qui les rend
heureux de vivre et que s'ils font ça, ce n'est pas pour structurer
leur vie, comme disent des cuistres de sociologues, mais pour payer le
loyer. Il faut dire qu'être assis (ou pire debout) dans un machin
de couleurs pisseuses, le tout dans un vacarme d'enfer, n'encourage pas
la jovialité.

Ils sont sages
Ils ne jouent pas non plus au bilboquet ou au volley-ball
Arrivés à destination, ils se dispersent comme les lemmings opiomanes, à la fois hagards et forcenés dans la direction à suivre.

ils se dispersent comme les lemmings opiomanes
Et
telle une gelée protoplasmique, la coulée des rudes travailleurs de
choc se rue sur les escalators, ne désirant pas différer d'une seule
limite la montée vers la surface, le soleil voilé et le bureau
climatisé avec vue sur la tour d'en face.

la coulée des rudes travailleurs de choc se rue sur les escalators
Commentaires
Ha ha !
Dieu que tu me fais rire !
Et dire que je suis le seul à te laisser un commentaire.
Monde d'ingrats.
Ne t'arrête pas dans tes analyses fines et pertinentes de notre monde actuel.
Cordialement.
Mr T
archi vrai
combien levent les yeux sur ceux qui nous obligent à les baisser ?
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