19 avril 2005
Il y a des jours
Il y a des jours où le métro est rempli de jolies filles, et d'autres jours où ce n'est pas du tout le cas.
Il y a des jours où l'on ne comprend pas car ces observations se font sur la même ligne et grosso-modo aux mêmes heures.
Il y a des jours où l'on se dit que décidemment le métro est un réceptacle à laideur et d'autres où l'on observe que les gracieuses que l'on voit passer depuis la terrasse des cafés daignent prendre le transport chthonien.
Il y a des jours où l'on se réprimande pour sa paresse alors qu'on devrait prendre des notes pour un futur (et brillant) essai tout à la fois sociologique, esthétique et souterrain.
Il y a des jours - comme aujourd'hui - où l'on a la chance de croiser successivement dans la rame une madone du fado, une eurasienne auburn à la verrue terriblement sexy et un visage merveilleusement grélé de tâches de rousseur.
18 avril 2005
Mais pourquoi que ?
Une question qui engage l'avenir de la nation. Qu'est-ce qui différencie les décors (atroces) de "Star Crash" de ceux (atroces aussi) de "Flash Gordon" ?
C'est un peu compliqué à expliquer ....
Disons que les décors de "Star Crash" sont immondes essentiellement par manque de budget. Le gout de chiottes du décorateur, est dans ce cas (relativement) involontaire.
Dans le cas de "Flash Gordon", le rutilant mauvais gout surréel est lui volontaire et assumé, et on ne peut qu'être fier de faire partie d'une humanité qui est capable de faire un empereur Ming n'ayant rien à envier à une drag queen en peignoir et qui évolue dans des décors qui feraient atrocement honte aux détaillants de la rue St Antoine.
La vie des gens
Hier , on a été interviewer des gens à la sortie de Notre Dame. Initialement, on voulait les interviewer dans les queues pour rentrer, mais elles avancent un peu vite, et on s'est dit qu'à la sortie, les gens seraient plus disponibles et moins stressés.
Avec la grosse caméra Canon et le micro à capote en mousse rouge, ça fait tout de suite sérieux, d'autant que j'ai pris mon air le plus mutique, ce qui assure bien dans le genre technicien (c.a.d cameraman) autiste. Bea etait très bien avec ses grands yeux de Candy, ce qui lui assure immédiatement la sympathie et l'indulgence du public.
Première constatation : comme on s'en doutait, la majorité des gens qui vont à Notre-Dame sont des étrangers (unfrenchs). Bea ne s'est pas dégonflée, et a fait une partie des interviews en anglais.
Deuxième constatation : les gens n'aiment pas qu'on les interview. Pour les unfrenchs, ça se comprend, mais les autres ...
Troisième constatation : les gens font une demi-heure de queue pour 20 minutes de visite. Mais ça n'a pas l'air de les déranger. D'une certaine manière, c'est normal : qui avouerait s'etre fait chier de folie pendant une demi-heure pour une visite sans interet ?
Dernier truc : sur la dernière interview, Bea s'est trompé et a coupé le micro au lieu de faire l'inverse. Aussi, on voit à l'écran une pseudo-japonaise du Connecticut articuler, toute timide, dans le vide.
15 avril 2005
Sachez les reconnaitre
Un monde étrange
C'est assez fascinant de voir sur les blogs des gens en écrire des tartines sur les menus évenements de leur vie quotidienne. Et quand je dis des tartines, ce sont en fait des baguettes entières épaissement beurrées et confiturées au caterpillar. Quand on a été acheter une baguette la veille, on le raconte, ce qui déjà me surprend, car le manque d'intérêt de la chose me laisse un peu sans voix.
Mais on ne se contente pas de dire simplement :
Hier, je suis allé m'acheter une baguette.
Non, on raconte vraiment tout en détail en ne nous faisant grâce de rien :
Hier, je suis allé m'acheter une baguette. Le ciel était bas. Je portais un pantalon à chevrons gris et blanc, un pull Spontini à rayures noires et rouges, un bêret avec une plume de faucon maltais, des chaussures en cuir de vache naine, des chaussettes à l'effigie de St Simon, et mon caleçon de demi-saison en poil de loutre. Une petite pluie avait commencé à tomber, aussi je me dépéchais d'arriver à la boulangerie qui est au coin, juste à coté de l'arrêt de bus. Une dame qui promenait un chien à poil et jambes ras m'empéchait d'avancer aussi vite que je le voulais, et je sifflotais le prélude 206 de Claude Debussy. La boulangerie sentait bon le pain chaud, et comme j'avais l'appoint, le commerçant m'a fait un grand sourire. En partant, je lui ai dit "Au revoir", et il m'a souri encore une fois. je lui ai fait un signe de la main et, dans le même temps, je commençai à détacher un bout de quignon. J'essaie de ne pas manger le pain avant d'être revenu chez moi, mais je ne peux jamais resister, surtout que j'adore m'agacer le derrière des incisives avec la croute irrégulièrement découpée.
Gasp !!! Je pourrais continuer encore pendant des lignes et des lignes comme ça. Mais le sentiment de vacuité qui me saisit m'incite plutôt à aller lire un livre ou à faire n'importe quoi d'autre (ce que je ferais si mes ravisseurs ne m'obligeaient pas à rester face à cet écran durant 8 heures).
Ce genre d'exercice necessite un monstrueux boisseau de narcissisme dont je suis heureusement (ou malheureusement) dépourvu.
Mais qu'est-ce que j'ai fait, hier ?
Voyons ... Même si c'est ininteressant ...
Ah oui ...
J'ai acheté mon diner dans un take-away indien, et je me suis fait emporté la gueule au laminoir, le cuistot ayant de toute évidence laissé tomber son stock de piment dans le boeuf.
Bon sang, ça ne fait que deux lignes ....
Je n'y arriverais jamais.
14 avril 2005
Un ennemi
J'ai attrapé cette vermine alors qu'elle se promenait sur mon bureau, l'air de rien, comme si elle était chez elle. Moi j'y étais (chez moi), et je n'ai pas trop apprécié qu'elle s'y promène en pays conquis. je l'ai chopé par le colbac et lui ai serré le kiki par pur sadisme.
A l'agonie, elle a plissé son unique unique pour me jeter un regard désespéré, puis a craché un long jet de flamme quand elle a trépassé. j'avais un peu honte de moi, et en plus cette saloperie m'a brulé les doigts.
Ma prison

Mon clavier (sale)

Ma boite de coca (vide)

Mon paperboard (n'essayez pas de lire : c'est hyper-secret)

Ce qu'on voit par la fenêtre (riant, non ?)
Une juste cause
1929ème jour de détention pour votre serviteur dans une grande entreprise à La Défense. Les ravisseurs n'ont toujours pas émis de revendications et curieusement effectuent un virement en chaque début de mois sur le compte de l'otage.
SSF (Salariés Sans Frontières) appelle à une manifestation de soutien en face du MEDEF pour le 20 avril 2005. Venez nombreux et n'oubliez pas les banderoles.
J'ai faim ! (déjà ?)
13 avril 2005
Les mystères de la nature
On rencontre assez peu de hyènes sur la ligne 1 du métro
Par contre, arrivé au terminus (la défense), on trébuche sur un paquet de gens comme ça :
La vie est mal faite.






